Quand on parle de protection au travail, on pense souvent aux salariés, protégés par le Code du travail, les obligations de l’employeur et les dispositifs de prévention des risques professionnels. Mais qu’en est-il des travailleurs indépendants ? Sont-ils réellement moins protégés que les salariés ?
Un cadre légal moins strict pour les indépendants
Contrairement aux salariés, les travailleurs indépendants ne bénéficient pas d’un employeur qui prend en charge leur sécurité. Ils ne sont pas couverts par les mêmes obligations en matière de prévention des risques, de formation à la sécurité ou de couverture sociale en cas d’accident du travail. Selon l’INSEE, en 2022, la France comptait près de 3,6 millions de travailleurs indépendants, un chiffre en constante augmentation avec l’essor des auto-entrepreneurs. Pourtant, beaucoup d’entre eux ne sont pas suffisamment informés sur les risques liés à leur activité.
Des risques bien réels et parfois sous-estimés
Les travailleurs indépendants sont souvent exposés à des risques professionnels similaires à ceux des salariés. Un artisan, un chauffeur de VTC ou un freelance dans le bâtiment peuvent être confrontés à des accidents du travail, des blessures ou des situations d’urgence. Pourtant, selon une étude de l’Assurance Maladie, les indépendants ont un taux de couverture bien inférieur à celui des salariés en matière de protection sociale et de prise en charge des accidents professionnels. Ce manque de couverture peut avoir des conséquences dramatiques en cas d’incapacité temporaire ou permanente à travailler.
L’importance de la formation, même en tant qu’indépendant
Se former aux premiers secours est essentiel, que l’on soit salarié ou indépendant. En cas d’accident, pouvoir réagir rapidement peut non seulement sauver sa propre vie, mais aussi celle d’un client, d’un collègue ou d’un passant. Pourtant, seuls 20 % des Français sont formés aux gestes de premiers secours, alors que ces connaissances devraient être aussi naturelles que le permis de conduire.
Comment améliorer la protection des indépendants ?
Si la formation est un premier pas essentiel, une meilleure sensibilisation aux risques professionnels est aussi nécessaire. Les plateformes qui emploient des travailleurs indépendants, comme Uber ou Deliveroo, pourraient par exemple proposer des modules de prévention ou inclure une couverture santé plus complète. De leur côté, les pouvoirs publics pourraient renforcer l’accompagnement des auto-entrepreneurs pour les inciter à mieux se protéger.
Les travailleurs indépendants sont effectivement moins protégés que les salariés, notamment en matière de sécurité et de prise en charge des accidents du travail. Pourtant, les risques sont bien réels et ne doivent pas être négligés.